1. Fixer la configuration exacte avant toute qualification
Une trottinette électrique à conduite debout n’est pas automatiquement autorisée sur la voie publique, assimilée à un produit de consommation par la CCPSA, ni soumise à un certificat canadien unique. Conception, chargeur, batterie, radio, emballage et provinces de vente nécessitent des analyses distinctes. Cette carte concerne les modèles complets des fabricants et importateurs ; cyclomoteurs avec selle, vélos assistés et aides à la mobilité demandent une autre classification.
1. Fixer la configuration exacte avant toute qualification
Constituer une fiche technique approuvée par référence commerciale (SKU). Le nom « trottinette électrique » ne suffit pas ; vérifier :
- Plateforme debout ou selle, nombre et disposition des roues, guidon, pédales, utilisateurs et conception routière ou hors route initiale.
- Puissance continue nominale, vitesse maximale mesurée, limiteur et vitesse accessible sans limitation.
- Freins, éclairage, avertisseur, diamètre des roues, charge et équipements pour passager ou bagages.
- Chimie et tension de la batterie, Wh, références cellules/bloc, BMS, chargeur et connecteur compatibles.
- Bluetooth/Wi-Fi/GNSS ou télécommande, module radio, micrologiciel, provinces et canaux de vente, batterie intégrée ou distincte lors du transport.
Les plafonds des programmes provinciaux de circulation ne déterminent pas automatiquement le régime fédéral d’importation ni une certification. Selle, vitesse déverrouillable ou aspect motocyclette exigent un examen documenté auprès de Transports Canada avant expédition.
2. Matrice des régimes applicables au Canada
Chaque ligne constitue une vérification indépendante, sans présumer que tous les régimes s’appliquent à chaque SKU.
| Déclencheur | Décision et conséquence | Pièces à obtenir |
|---|---|---|
| Loi fédérale sur les véhicules — définition MVSA possible | Déterminer catégorie réglementée, normes CMVSS et obligations de fabrication/importation ; un programme provincial ne règle pas cette question. | Plans, destination initiale, vitesse/limiteur, note de qualification et échanges avec Transports Canada. |
| CCPSA — seulement si le champ couvre le produit | L’annexe 1 exclut les véhicules définis par la MVSA. Non réglementé à l’importation ne signifie pas automatiquement soumis à la CCPSA. | Analyse MVSA, exclusion CCPSA et accessoires vendus séparément. |
| Électricité secteur — chargeur branché au réseau | Vérifier l’approbation canadienne selon les normes de sécurité applicables et l’autorité provinciale ; le marquage CE ne suffit pas. | Référence exacte, marque canadienne vérifiable, tension et fiche. |
| Radio — Bluetooth/Wi-Fi intégré | Contrôler certification ISED catégorie I, certificat TAC, inscription REL et étiquetage ; agrément étranger non suffisant en soi. | ID du module, entrée REL et intégration de l’étiquette. |
| Transport de batteries au lithium | Évaluer marchandises dangereuses, essais UN 38.3, emballage et marquage ; UN 38.3 ne certifie pas la trottinette entière. | Résumé UN 38.3 propre au bloc, Wh et configuration du transport. |
| Emballage/langues — produit préemballé | Contrôler les règles fédérales pour produits non alimentaires et les informations en français exigées au Québec, avec exceptions. | Maquettes, identité, distributeur, quantité si applicable et instructions en français. |
| Circulation — province et municipalité | Vérifier définition provinciale et permission municipale ; vente et dédouanement ne confèrent pas de droit de circuler. | Correspondance SKU/ville, règlement municipal et limites de circulation. |
3. Distinguer véhicule fédéral et produit de consommation
La MVSA définit largement les véhicules capables de rouler sur route sans propulsion exclusivement musculaire ; les obligations d’importation dépendent aussi des catégories prescrites et de la conception initiale. Transports Canada privilégie l’usage prévu d’origine et un limiteur facile à retirer peut être insuffisant. La limite de 25 km/h ne transforme pas la trottinette en vélo assisté non réglementé.
L’annexe 1 de la CCPSA exclut les véhicules au sens de la MVSA et certaines pièces intégrales. Santé Canada précisait en février 2026 que des trottinettes répondant à la définition de véhicule peuvent être exclues. Il serait donc erroné d’imposer automatiquement homologation ou signalement CCPSA à toutes les trottinettes. Les accessoires vendus seuls nécessitent une analyse distincte.
L’avis de Santé Canada de février 2026 sur les batteries lithium-ion expose une proposition et non une obligation entrée en vigueur pour toutes les trottinettes. ANSI/CAN/UL 2272 est une norme binationale pertinente pour les systèmes électriques, pas la preuve d’une certification légalement universelle. Vérifier édition et applicabilité avec l’autorité, le client ou le certificateur.
4. Les preuves électriques, radio et logistiques ne se remplacent pas
Relier les variantes cellules, bloc, BMS et chargeur aux essais de surcharge, de court-circuit et d’échauffement. La mention « testé UL 2272 » ne prouve pas la portée d’un certificat ; cette norme ne vérifie pas le contrôle du conducteur ni le freinage en circulation.
Pour tout chargeur branché sur une prise, valider une marque canadienne authentique et le modèle exact livré. Un logo invérifiable, le certificat d’un autre adaptateur ou la seule déclaration européenne ne vaut pas approbation canadienne.
Si un émetteur est installé, contrôler ISED, l’inscription REL et le marquage final. Une bande radio sans licence n’exonère pas nécessairement l’équipement de certification. Obtenir le résumé UN 38.3 de la batterie et confirmer avec le transporteur classement, emballage et étiquettes selon le mode.
Un module radio déjà certifié ne nécessite pas systématiquement une nouvelle certification de la trottinette entière. Selon la procédure RSP-100 d’ISDE, la certification distincte de l’appareil hôte peut être évitée lorsque toutes les émissions radio intentionnelles proviennent de modules correctement certifiés et que les exigences d’intégration, d’exposition RF et autres conditions applicables sont respectées. Vérifiez le certificat et les antennes autorisées, l’inscription REL, la mention « Contains IC: » sur l’hôte si le numéro du module est invisible, ainsi que les avis radio obligatoires en anglais et en français. Un identifiant FCC américain ne suffit pas.
5. Circulation et étiquetage : deux barrières distinctes
En Ontario, le règlement 389/19 décrit deux roues alignées, conduite debout, puissance moteur maximale de 500 W et vitesse maximale de 24 km/h ; une autorisation municipale est nécessaire dans les lieux publics concernés. L’abrogation est prévue le 27 novembre 2029. Une variante à 25 km/h ne peut être présentée comme satisfaisant le seuil de 24 km/h sans autre fondement.
La Colombie-Britannique retient pour son programme renouvelé notamment 500 W de puissance continue et 25 km/h au maximum, la circulation étant réservée aux collectivités participantes et soumise à leurs règles. Il n’existe pas de permission nationale déduite de ces exemples. Vérifier commune, âge, équipements et routes avant toute promesse.
La Colombie-Britannique impose aussi une masse à vide maximale de 45 kg (moteurs et batteries inclus), une configuration et des dimensions de roues spécifiques ainsi que des freins permettant de s’arrêter depuis 25 km/h sur une chaussée propre, pavée et plane, en 7,5 m au plus (art. 34, B.C. Reg. 247/2023). Il s’agit d’une condition d’essai fixée à 25 km/h, et non d’un essai à la vitesse maximale inférieure d’une variante. Le respect du seuil ontarien ne garantit pas l’admissibilité en C.-B. Obtenez des mesures de masse et de freinage avant de l’affirmer.
Pour un emballage destiné au consommateur, contrôler l’identité du produit, celle du distributeur, la quantité nette lorsqu’exigée et les dispenses éventuelles. Au Québec, mentions sur produits, emballages et documents doivent généralement être en français ; les règles de marques ont changé au 1er juin 2025. Traduire les consignes de charge et de sécurité avant impression.
Pour les biens de consommation préemballés relevant de la loi fédérale sur l’emballage et l’étiquetage, la désignation du produit doit normalement figurer en anglais et en français; la quantité nette obéit à des règles bilingues et à des exceptions propres, notamment pour certains articles vendus à l’unité. Cette loi n’impose pas à elle seule des notices entièrement bilingues partout au Canada; ISDE impose séparément des avis radio bilingues lorsqu’ils sont requis. Pour le Québec, contrôlez les obligations plus étendues relatives au français sur le produit, l’emballage et les documents joints, y compris les éléments descriptifs des marques depuis 2025 et les exceptions transitoires limitées pour certains anciens stocks. La transition jusqu’au 1er juin 2027 est strictement conditionnelle ; elle ne dispense pas globalement les anciennes ou nouvelles trottinettes. Vérifiez la date de fabrication et la situation précise de la marque.
6. Cinq contrôles de mise en marché et dossier requis
Bloquez la référence tant qu’une exigence juridique ou de sécurité applicable n’est pas résolue. Il s’agit de contrôles internes et non de cinq autorisations publiques. G5 concerne l’usage annoncé : l’absence de permission municipale de circulation sur la voie publique n’interdit pas à elle seule la vente au détail ou l’usage sur terrain privé. Décrivez l’usage réellement admissible, évitez les allégations routières trompeuses et vérifiez les éventuelles autres restrictions.
| Contrôle | Condition de libération |
|---|---|
| G1 — statut juridique | Conclusion écrite MVSA/CCPSA sur la version réelle ; accessoires évalués séparément. |
| G2 — électricité et radio | Chargeur approuvé au Canada lorsque requis, preuves ISED et concordance des modèles et certificats. |
| G3 — batterie à expédier | Résumé UN 38.3 et emballage/marquage acceptés par le transporteur pour le trajet choisi. |
| G4 — emballage et publicité | Langues, étiquette, avertissements et annonces vérifiés ; aucune légalité routière nationale non fondée. |
| G5 — localité et suivi | Règlements locaux revus ; responsable du suivi des lots, réclamations, défauts et corrections identifié. |
Dossier minimal à demander à l’usine
- Plans, photos, présence de selle/pédales, intention d’usage et identification des séries.
- Puissance continue, vitesse mesurée, limiteur et historique des micrologiciels.
- Nomenclature cellules/bloc, Wh, BMS, pièces de remplacement et chargeurs compatibles.
- Certification canadienne du chargeur effectivement fourni.
- Portée des essais/certification électriques, notamment ANSI/CAN/UL 2272, et variantes couvertes.
- ID ISED, registre REL, antennes et maquette de l’étiquette.
- Résumé UN 38.3 et instructions de classification, emballage et transport.
- Maquettes comportant les mentions fédérales du produit en anglais/français lorsqu’elles s’appliquent; avis radio bilingues obligatoires le cas échéant; examen des textes français destinés au Québec sur produit, emballage, notice et sécurité de charge/incendie; allégations commerciales étayées.
- Coordonnées fabricant/importateur, lots, réclamations et mesures correctives.
7. Les changements techniques rouvrent la qualification
Un fournisseur de batterie, la logique BMS, un chargeur, le module Bluetooth ou le déblocage de vitesse peuvent modifier les conclusions. Consigner anciens/nouveaux composants, refaire les essais ou demandes nécessaires et suspendre la variante jusqu’à validation.
Sans vitesse réelle hors bridage, conception initiale, approbation du chargeur, pièces batterie, radio et municipalité destinataire, une fiche de vente ne suffit à confirmer ni l’admissibilité à l’importation ni la légalité de circulation.
Les autres marchés ne remplacent pas l’analyse canadienne
Les déclencheurs américains et européens diffèrent ; ces pages servent uniquement à planifier l’export :
Questions fréquentes
Une trottinette à 25 km/h est-elle admise en Ontario ?
Pas du seul fait de sa vitesse : le programme prévoit 24 km/h au plus, des conditions de conception et de puissance et la permission municipale.
UL 2272 ou CE autorisent-ils automatiquement les ventes ?
Non. La portée et le modèle d’une certification UL 2272 doivent correspondre ; CE ne remplace pas l’approbation électrique canadienne. Les autres régimes restent indépendants.
Un véhicule non réglementé à l’importation relève-t-il automatiquement de la CCPSA ?
Non. La catégorie à l’importation et l’exclusion de l’annexe 1 sont distinctes. Examiner d’abord la définition de véhicule MVSA.
Un module Bluetooth américain et un chargeur générique suffisent-ils ?
Ne le présumez pas : vérifier l’autorisation ISED canadienne du module installé et l’approbation canadienne du chargeur fourni.
Si 500 W et déblocage caché à 40 km/h ?
Déclarer vitesse non bridée et architecture du limiteur ; reprendre classement fédéral et admissibilité locale. La vitesse publicitaire ne tranche pas seule.
Sources officielles et contexte normatif
- Loi fédérale Motor Vehicle Safety Act
- Transports Canada : importations non réglementées
- Loi Canada Consumer Product Safety Act
- Santé Canada : projet batteries 2026 (non en vigueur)
- Santé Canada : sécurité électrique
- ISED : certification des appareils radio
- Transports Canada — expédition et importation de batteries au lithium
- Ontario : règlement pilote des trottinettes
- Colombie-Britannique : règles du programme
- Bureau de la concurrence : emballages
- Québec : langue française sur les produits
- UL Solutions : champ de ANSI/CAN/UL 2272
- ISDE — RSP-100, certification des modules et hôtes
- ISDE — RSS-Gen, étiquetage et intégration radio
- Bureau de la concurrence — précisions sur le bilinguisme des étiquettes